#IlsParlentdeNous – Interview avec Valérie Masson Delmotte, paléoclimatologue

Au sommaire de cet article :

Comprendre pour mieux agir

Xavier PISSON, fondateur de Naturarium rencontre Valérie MASSON-DELMOTTE. Un échange sur le climat, la biodiversité, et le rôle des entreprises & colléctivités.

Dans cette vidéo :

  • Présentation de l’interviewé
  • En quoi la reconnexion au vivant est un levier d’action face au dérèglement climatique ?
  • Quels bénéfices apporte la nature dans nos lieux de vie et de travail ?
  • Décideurs publics et privés : pourquoi investir dans la biodiversité locale ?
  • Greenwashing : comment répondre aux accusations ?

 

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L'interview :

Xavier Pisson : Bonjour à tous. Je suis aujourd’hui avec Valérie Masson-Delmotte. Valérie, bonjour.

Valérie Masson-Delmotte : Bonjour.

Xavier Pisson : On parle énormément du changement climatique, mais on a parfois du mal à saisir l’urgence. Pourquoi est-ce si difficile pour nous, humains, de réagir à cette menace qui semble parfois lointaine ?

Valérie Masson-Delmotte : C’est une excellente question. Je pense qu’il y a plusieurs facteurs. Le premier, c’est que le changement climatique est souvent perçu comme quelque chose de spatialement ou de temporellement lointain. On imagine que c’est pour « plus tard » ou pour « ailleurs », comme les pôles ou les îles lointaines. Pourtant, les impacts sont déjà là, partout, et s’intensifient. Le deuxième point, c’est la complexité : passer de la compréhension d’un phénomène global à l’action individuelle ou collective demande un effort de traduction et de mise en cohérence de nos modes de vie qui est colossal.

Xavier Pisson : Vous avez travaillé longuement au sein du GIEC. Quel est le message principal que vous aimeriez faire passer aujourd’hui, après toutes ces années de rapports et d’expertises ?

Valérie Masson-Delmotte : Le message est clair : chaque fraction de degré compte. Chaque décision compte. On n’est plus dans une phase où l’on se demande si cela arrive, mais dans une phase où l’on doit décider de l’ampleur de ce qui va arriver. Plus nous agissons tôt pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, plus nous préservons des options pour l’avenir. Il ne s’agit pas seulement de renoncement, mais de construire une société plus résiliente et, au fond, plus juste.

Xavier Pisson : On entend souvent que la technologie nous sauvera. Est-ce un espoir raisonnable ou une forme de déni ?

Valérie Masson-Delmotte : La technologie est un outil indispensable, notamment pour la décarbonation de l’énergie ou l’efficacité, mais elle ne peut pas tout. Miser uniquement sur une technologie providentielle qui arriverait dans 20 ans pour capter le carbone à grande échelle, c’est un pari risqué, voire dangereux. L’essentiel de l’action doit porter sur la sobriété, l’efficacité actuelle et la transformation de nos systèmes de production et de consommation. On ne peut pas attendre un « miracle » technologique pour éviter de faire les efforts structurels nécessaires dès maintenant.

Xavier Pisson : Pour finir sur une note plus personnelle, qu’est-ce qui vous donne de l’énergie pour continuer ce travail de pédagogie malgré la gravité des rapports ?

Valérie Masson-Delmotte : C’est justement de voir la mobilisation, notamment des jeunes générations, mais aussi de plus en plus de décideurs et de citoyens qui s’emparent du sujet. Quand la connaissance scientifique se transforme en action concrète, c’est là que notre travail prend tout son sens. La science donne le diagnostic, mais c’est la société qui tient le remède.

Xavier Pisson : Merci beaucoup Valérie Masson-Delmotte pour cet éclairage.

Valérie Masson-Delmotte : Merci à vous.

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