Comprendre pour mieux agir
Gilles BLOCH, président du Museum national d’Histoire Naturelle, partage avec Xavier PISSON, fondateur de Naturarium, sa vision scientifique de la biodiversité et les défis de demain à relever.
Dans cette vidéo :
- Présentation de l’interviewé
- Pourquoi faut-il sensibiliser la population à la biodiversité ?
- Greenwashing : Comment repérer le vrai du faux ?
- Comment mesurer la biodiversité ?
- Un message d’espoir quant à la biodiversité ?
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L'interview :
Xavier Pisson : Bonjour à tous. Je suis aujourd’hui avec Gilles Bloch, président du Muséum national d’Histoire naturelle. Gilles, bonjour.
Gilles Bloch : Bonjour.
Xavier Pisson : Pourriez-vous nous expliquer brièvement votre parcours et ce qui vous a amené aujourd’hui à la tête de cette institution prestigieuse qu’est le Muséum ?
Gilles Bloch : Alors, j’ai un parcours scientifique, je suis médecin et polytechnicien de formation, avec une spécialité en biologie moléculaire qui a évolué vers tout un tas de fonctions d’encadrement. Sur la fin de ma carrière qui approche, j’ai voulu « passer à l’échelle » dans la diffusion de la culture scientifique, sur des enjeux particulièrement critiques que sont notamment la conservation de la nature et la biodiversité.
Xavier Pisson : Justement, on parle beaucoup de sensibilisation. Pourquoi est-il si crucial aujourd’hui de sensibiliser le public à la biodiversité ?
Gilles Bloch : Il faut sensibiliser car on n’arrivera pas à faire changer le fonctionnement de nos sociétés, le fonctionnement de nos socio-écosystèmes, si les gens n’ont pas compris qu’il faut protéger cette biodiversité. Et pour bien protéger, il faut avoir compris à quoi elle sert. « On ne protège que ce que l’on connaît », c’est une citation de l’un de mes prédécesseurs.
Xavier Pisson : C’est tout à fait vrai. On entend souvent parler de « greenwashing » de la part des entreprises. Quel est votre regard là-dessus ? Est-ce que les entreprises s’engagent sincèrement ou est-ce parfois de l’affichage ?
Gilles Bloch : Le greenwashing est un mot un peu valise, mais de plus en plus d’entreprises intègrent réellement cette minimisation de leur impact sur la biodiversité. À partir du moment où elles font ça « pour de vrai » et s’inscrivent dans le temps long — parce que cela prend du temps — on est capable d’observer des changements.
Xavier Pisson : Et comment mesure-t-on cet impact ? Existe-t-il des indicateurs fiables pour la biodiversité, comme on peut en avoir pour le carbone avec le climat ?
Gilles Bloch : Il y a tout un tas d’échelles auxquelles on peut mesurer. Sur de grandes échelles, cela parle aux grands acteurs : on peut moyenner des populations d’espèces, on peut même mesurer des biomasses totales d’espèces vivantes. Ce sont des indicateurs très globaux.
La biodiversité, à la différence du climat que vous évoquiez, porte sur le vivant. Cela signifie que le temps de régénération peut être très court. Pour le climat, on sait que tout le carbone émis dans l’atmosphère prendra des siècles à être recapté. Pour la biodiversité, si on se met au boulot et que l’on prend les mesures nécessaires pour diminuer les pressions humaines et accompagner la restauration quand c’est nécessaire, en 10, 20 ou 30 ans, on peut restaurer une nature vivante. Elle ne sera pas forcément à l’état originel, mais elle retrouvera un état fonctionnel pour les générations futures.
Xavier Pisson : C’est un message d’espoir important. Merci beaucoup Gilles Bloch pour cet échange.
Gilles Bloch : Merci à vous.


